Thomas Gottstein avait indiqué qu’il ne changerait peut-être pas beaucoup en tant que PDG. Une réévaluation de la complexité et du risque de la banque pourrait le faire changer d’avis.

Un revirement à la limite de l’inattendu

Thomas Gottstein a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de changer grand-chose lorsqu’il a été promu à la tête du Credit Suisse Group AG au début de l’année. C’est une entreprise qu’il connaît bien, puisqu’il y travaille depuis deux décennies. Mais une réévaluation de la complexité du prêteur suisse et de son appétit pour le risque semble l’avoir fait changer d’avis. Ce n’est pas une mauvaise chose.

Selon Bloomberg News, M. Gottstein veut combiner les unités de risque et de conformité du prêteur, et réunir les divisions des marchés mondiaux et de la banque d’investissement que son prédécesseur avait divisées. La révision pourrait être annoncée jeudi. Le Credit Suisse examine également s’il doit rationaliser ses activités de gestion de fortune internationale, en défaisant une structure mise en place il y a deux ans seulement. Voilà pour ce qui est de ne pas faire de vagues.

Avec la pandémie qui bouleverse des secteurs entiers, le monde bancaire a changé depuis que M. Gottstein a pris ses fonctions de directeur général en février. Les pertes dues aux créances douteuses, l’accélération du passage à la banque numérique et la réduction des marges en raison des taux d’intérêt très bas vont obliger les sociétés financières à se concentrer sans relâche sur leurs points forts et à rechercher de nouveaux moyens de réduire les coûts.

Une stratégie issue de constats graves

Le changement d’orientation du nouveau patron reflète la nouvelle réalité, mais c’est aussi un jugement sur la trajectoire du Crédit Suisse sous son prédécesseur, Tidjane Thiam, qui a été évincé après un scandale d’espionnage d’entreprise.

Le Credit Suisse ne serait pas la première banque à se scinder puis à recombiner ses unités de banque d’investissement et de négoce. La Deutsche Bank AG a fait de même en 2017. Le regroupement des opérations de négoce et des activités de conseil sous un même toit permettra de réduire les dépenses et de simplifier les entreprises. La structure actuelle ajoute des niveaux de gestion inutiles, crée une concurrence pour les clients entre les banquiers des différents départements et entrave l’exécution rapide des transactions.